Assurez une gestion proactive et conforme des dossiers de maladies professionnelles en respectant vos obligations légales, en impliquant le CSE et en documentant chaque étape pour protéger votre entreprise et vos collaborateurs.
Le conseil de Nereos
- Explications des effets d’une demande AT/MP sur la relation employeur-salarié.
- Obligations de l’employeur suite à la reconnaissance d’une maladie professionnelle.
- Quelle est la procédure et les obligations de l’employeur suite à la reconnaissance d’une maladie professionnelle ?
1. Comprendre la reconnaissance d’une maladie professionnelle
A. Présomption d’origine professionnelle pour les maladies inscrites dans les tableaux
Une maladie mentionnée dans un tableau de maladies professionnelles de l’annexe II du Code de la Sécurité Sociale est présumée d’origine professionnelle si les trois conditions suivantes sont remplies :
- Délai de prise en charge : La constatation de la maladie doit intervenir dans le délai mentionné au tableau après la cessation d’exposition au risque.
- Nature du travail : Le salarié doit avoir exercé un travail figurant parmi ceux mentionnés comme susceptibles de provoquer la maladie.
- Durée minimale d’exposition : Une exposition aux risques ou agents concernés pendant la durée minimale stipulée dans le tableau est requise.
B. Reconnaissance au cas par cas pour les maladies hors tableau
Lorsqu’une maladie ne figure pas dans un tableau ou ne remplit pas toutes les conditions exigées :
- La reconnaissance peut être obtenue par le Comité Régional de Reconnaissance des Maladies Professionnelles (CRRMP), si la maladie est directement et essentiellement causée par le travail habituel du salarié et entraîne une incapacité permanente supérieure ou égale à 25 %.
2. Obligations spécifiques de l’employeur pendant la procédure
A. Transmission des informations à la CPAM
- À réception de la déclaration de maladie professionnelle (DMP) de la CPAM, l’employeur est tenu de remplir un questionnaire sur les conditions de travail du salarié.
- Des enquêtes ou observations du poste de travail peuvent être organisées par la CPAM. L’employeur doit y participer activement et fournir tous les éléments nécessaires.
B. Consultation et observation contradictoire
- 10 jours initiaux : L’employeur peut consulter le dossier et formuler des observations motivées.
- 10 jours supplémentaires : La consultation reste possible, mais sans possibilité d’ajouter de nouvelles pièces.
C. En cas de saisine du CRRMP
- Lorsqu’une pathologie est examinée par le CRRMP, l’employeur peut :
- Enrichir le dossier avec des documents pertinents (fiches de poste, études ergonomiques) dans un délai de 30 jours.
- Consulter et formuler des observations dans un délai supplémentaire de 10 jours, sans ajout de pièces nouvelles.
3. Obligations légales et administratives après la reconnaissance
A. Déclaration sociale nominative (DSN)
- Tout arrêt de travail pour maladie professionnelle doit être signalé via une DSN dans les 5 jours suivant l’événement.
- Le logiciel de paie transmet automatiquement les informations nécessaires pour calculer les indemnités journalières du salarié.
B. Versement d’indemnités complémentaires
- Le salarié en arrêt de travail pour maladie professionnelle perçoit :
- 90 % de sa rémunération brute pendant les 30 premiers jours.
- 66,66 % de sa rémunération brute à partir du 31e jour.
- Ces durées d’indemnisation augmentent de 10 jours par tranche de 5 ans d’ancienneté, avec un maximum de 90 jours supplémentaires.
C. Information du CSE
- L’employeur doit informer le Comité Social et Économique (CSE) de la reconnaissance de la maladie professionnelle afin de permettre :
- La réalisation d’une enquête pour identifier les causes de la maladie.
- La mise en œuvre de mesures préventives pour protéger les autres salariés.
D. Mise à jour du DUER
- Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUER) doit être mis à jour pour intégrer les risques identifiés et les mesures de prévention à adopter.
- Le non-respect de cette obligation expose l’employeur à une amende pour contravention de 5ᵉ classe.
E. Protection contre le licenciement
- L’employeur ne peut licencier un salarié en arrêt de travail pour maladie professionnelle pour ce motif. Tout licenciement sur ce fondement est discriminatoire et nul.
- Toutefois, un licenciement peut être justifié en cas de :
- Faute grave du salarié.
- Impossibilité de maintenir le contrat de travail pour un motif étranger à la maladie professionnelle.
F. Organisation d’une visite de reprise
- Une visite médicale de reprise est obligatoire dans les 8 jours calendaires suivant le retour au travail du salarié après un arrêt lié à une maladie professionnelle.
4. Conseils pratiques pour l’employeur
- Documentez vos actions : Archivez les échanges avec la CPAM et conservez les justificatifs des mesures prises.
- Anticipez les risques juridiques : Travaillez avec un avocat pour préparer vos réserves ou pour contester une décision défavorable.
- Impliquez le CSE : Collaborez avec le comité pour mettre en place des solutions préventives et réduire les risques futurs.
- Utilisez les outils numériques : Les plateformes en ligne de la CPAM facilitent la gestion des dossiers et le suivi des démarches.
En respectant ces obligations, l’employeur peut non seulement limiter les impacts financiers et juridiques liés à une maladie professionnelle, mais aussi contribuer à améliorer les conditions de travail dans l’entreprise.

