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Le conseil de Nereos

Quelle indemnisation l’employeur doit-il verser à un salarié en arrêt de travail selon son ancienneté ?
L’indemnisation des salariés en arrêt de travail, notamment à la suite d’un accident du travail, dépend des dispositions du Code du travail et, dans certains cas, de celles de la convention collective applicable au secteur concerné.
Règles légales
Selon le Code du travail, l’indemnisation complémentaire versée par l’employeur concerne uniquement les salariés disposant d’au moins 1 an d’ancienneté au premier jour de leur absence (C. trav., art. D. 1226-8).
Une jurisprudence de la Cour de cassation (Cass. soc., 7 juill. 1993, n° 90-40.906) précise qu’un salarié qui atteint 1 an d’ancienneté au cours de son arrêt de travail n’acquiert pas pour autant le droit à cette indemnisation complémentaire pour la période déjà écoulée.
En revanche, pour les salariés ayant moins d’un an d’ancienneté, l’indemnisation repose uniquement sur les dispositions spécifiques prévues par la convention collective applicable à leur secteur.
Exemple de dispositions conventionnelles : le secteur « Fabrication et commerce des produits à usage pharmaceutique, parapharmaceutique et vétérinaire »
Dans ce secteur, la convention collective prévoit une indemnisation complémentaire pour les salariés ayant moins d’un an d’ancienneté. Voici les modalités applicables :
Montant de l’indemnisation
- 75 % du salaire de référence (incluant le salaire brut de base et les primes non liées à la performance) pendant une période maximale de 3 mois, sous déduction des prestations suivantes :
- Indemnités journalières de la sécurité sociale ;
- Prestations des régimes de prévoyance obligatoires ;
- Indemnités versées par des tiers responsables de l’accident.
Durée de l’indemnisation
- La période de 3 mois maximum s’applique sur une ou plusieurs périodes d’absence au cours d’une même année civile.
- En cas d’absence continue chevauchant deux années civiles, une nouvelle période d’indemnisation de 3 mois peut débuter à partir du 1er janvier de la nouvelle année.
Cas des salariés ayant plus d’un an d’ancienneté
Lorsque le salarié justifie d’une ancienneté supérieure à 1 an, les dispositions légales et conventionnelles s’appliquent conjointement. Les dispositions conventionnelles sont souvent plus favorables que celles du Code du travail. Par exemple, dans le secteur cité, la convention prévoit une indemnisation de 100 % du salaire de référence pendant une période de 3 mois, sous déduction des prestations sociales et autres compensations.
Après cette période conventionnelle, l’indemnisation légale prend le relais :
Indemnisation complémentaire légale (C. trav., art. L. 1226-1)
- 90 % du salaire brut pour les 30 premiers jours d’arrêt ;
- 66,66 % du salaire brut à partir du 31ᵉ jour.
La durée de l’indemnisation légale varie en fonction de l’ancienneté du salarié :
| Ancienneté | Durée maximale d’indemnisation |
|---|---|
| 1 à 5 ans | 60 jours (30 jours à 90 %, 30 jours à 66,66 %) |
| 6 à 10 ans | 80 jours (40 jours à 90 %, 40 jours à 66,66 %) |
| 11 à 15 ans | 100 jours (50 jours à 90 %, 50 jours à 66,66 %) |
| 16 à 20 ans | 120 jours (60 jours à 90 %, 60 jours à 66,66 %) |
| 21 à 25 ans | 140 jours (70 jours à 90 %, 70 jours à 66,66 %) |
| 26 à 30 ans | 160 jours (80 jours à 90 %, 80 jours à 66,66 %) |
| 31 ans et plus | 180 jours (90 jours à 90 %, 90 jours à 66,66 %) |
Points importants
- L’indemnisation dépend étroitement de l’ancienneté du salarié et des dispositions prévues par la convention collective applicable.
- En l’absence de convention collective ou de dispositions spécifiques, seuls les salariés ayant plus d’un an d’ancienneté bénéficient d’une indemnisation complémentaire légale.
- Les employeurs doivent également vérifier si des régimes de prévoyance ou d’assurance complémentaire s’appliquent à leurs salariés.
Quel est le rôle des réserves en cas d’accident du travail et comment l’employeur doit-il les formuler dans les délais impartis ?
Une réserve est une déclaration écrite faite par l’employeur à la caisse (CPAM ou MSA) pour exprimer des doutes sur le caractère professionnel d’un accident ou sur l’imputabilité des lésions déclarées. Cela peut inclure, par exemple :
- des incohérences entre la déclaration du salarié et les faits observés (lieu, heure, circonstances de l’accident) ;
- des doutes sur la matérialité des blessures (blessures préexistantes ou incompatibles avec les circonstances décrites) ;
- des comportements suspects (absence de témoins, contradiction dans les récits).
L’objectif des réserves est de permettre à l’employeur de protéger ses droits en demandant à la caisse de procéder à une enquête avant toute prise en charge. Si les réserves sont recevables, la caisse doit instruire le dossier de manière contradictoire.
Quel est le délai pour émettre des réserves ?
L’article R. 441-6 du Code de la sécurité sociale fixe un délai impératif de 10 jours francs à compter de la date d’établissement de la déclaration d’accident du travail. Passé ce délai, les réserves ne seront pas prises en compte par la caisse.
Cependant, pour garantir leur efficacité, il est conseillé de formuler les réserves dès la déclaration initiale de l’accident, souvent dans les 48 heures suivant la connaissance de l’incident. Cela permet de rassembler des éléments de preuve pertinents et de signaler immédiatement les doutes.
Comment formuler des réserves ?
Le Code de la sécurité sociale n’impose pas de forme spécifique, mais exige qu’elles soient transmises par un moyen garantissant une date certaine de réception (article R. 441-6). Voici les méthodes recommandées :
- Sur le formulaire CERFA 14463*03 :
Ce document comporte une section pour inscrire des « réserves motivées ». En cas de déclaration via le Compte Entreprise, cette section peut être remplie ou modifiée dans le délai des 10 jours francs.- Limitation de caractères : Comme cette section est limitée à 128 caractères, il est recommandé d’ajouter un courrier détaillé en annexe pour préciser les raisons des réserves.
- Par courrier circonstancié :
L’employeur peut adresser une lettre détaillée à la caisse via le Compte Entreprise, en y annexant des pièces justificatives telles que :- une attestation sur l’honneur (CERFA officiel avec copie de la pièce d’identité de l’attestant) ;
- un certificat médical étayant les doutes ;
- tout autre document ou témoignage pertinent.
- Par lettre recommandée avec accusé de réception :
Cette méthode garantit une date certaine de réception par la caisse, essentielle en cas de contentieux ultérieur.
Pourquoi émettre des réserves est-il important ?
Le Code de la sécurité sociale n’impose pas de forme spécifique, mais exige qu’elles soient transmises par un moyen garantissant une date certaine de réception (article R. 441-6). Voici les méthodes recommandées :
- Sur le formulaire CERFA 14463*03 :
Ce document comporte une section pour inscrire des « réserves motivées ». En cas de déclaration via le Compte Entreprise, cette section peut être remplie ou modifiée dans le délai des 10 jours francs.- Limitation de caractères : Comme cette section est limitée à 128 caractères, il est recommandé d’ajouter un courrier détaillé en annexe pour préciser les raisons des réserves.
- Par courrier circonstancié :
L’employeur peut adresser une lettre détaillée à la caisse via le Compte Entreprise, en y annexant des pièces justificatives telles que :- une attestation sur l’honneur (CERFA officiel avec copie de la pièce d’identité de l’attestant) ;
- un certificat médical étayant les doutes ;
- tout autre document ou témoignage pertinent.
- Par lettre recommandée avec accusé de réception :
Cette méthode garantit une date certaine de réception par la caisse, essentielle en cas de contentieux ultérieur.

