Protégez votre entreprise avec des contrats solides, comprenant des clauses de mobilité, d’exclusivité et de confidentialité parfaitement adaptées à vos besoins tout en respectant les droits des salariés
Le conseil de Nereos

Quelles clauses sont interdites dans un contrat de travail, et quelles sont leurs conséquences si elles y figurent ?
Le contrat de travail est soumis à des règles strictes, et certaines clauses y sont explicitement interdites. Ces clauses, bien qu’elles puissent figurer dans le contrat, sont considérées comme nulles et non avenues si elles contreviennent aux lois, aux droits fondamentaux ou à l’ordre public. Voici quelques exemples de ces clauses et de leurs implications.
Clauses interdites dans un contrat de travail
La législation et la jurisprudence interdisent l’ajout de certaines clauses, notamment celles qui pourraient nuire aux droits des salariés ou qui contrediraient des dispositions légales ou conventionnelles. Ces clauses n’invalident pas le contrat dans son ensemble, mais sont simplement inapplicables. Parmi ces clauses, on trouve :
- Indexation de la rémunération : Il est prohibé d’indexer la rémunération d’un salarié sur les prix, salaires ou sur le SMIC (article L3231-3 du Code du travail), ce qui rend cette clause nulle de plein droit.
- Sanctions financières : Les sanctions pécuniaires infligées par l’employeur sont interdites (article L1331-2 du Code du travail), et toute infraction à cette interdiction peut entraîner des amendes.
- Versement des cotisations patronales : Toute clause imposant au salarié de régler la part patronale des cotisations sociales est jugée nulle (article L241-8 du Code de la sécurité sociale).
- Attribution de juridiction : Les clauses attribuant la juridiction d’un litige à un autre tribunal que le Conseil de prud’hommes sont également non valides (articles L1221-5 et L1411-4 du Code du travail).
- Rupture automatique du contrat : Une clause qui prévoit la rupture automatique du contrat en raison de circonstances précises est inapplicable (Cass. soc., 12 février 2014).
- Modification unilatérale du contrat : Le contrat de travail ne peut être modifié par l’employeur sans l’accord du salarié, même si une clause le stipule.
Impact des clauses interdites
Les clauses illicites sont susceptibles d’être jugées nulles, sans annuler le contrat dans son intégralité. Ce sont uniquement les clauses en conflit avec la loi ou les conventions qui seront invalidées par le juge prud’homal. La nature de la nullité dépend de l’intérêt protégé par la loi.
- Nullité relative : Cette nullité est appliquée pour les clauses visant à protéger les droits individuels des salariés. Seuls les salariés concernés peuvent saisir le juge pour invalider ces clauses.
- Exemple : La clause d’engagement à vie, limitant indéfiniment la liberté professionnelle du salarié, peut être frappée de nullité si elle porte atteinte aux droits individuels (art. 1780 du Code civil).
Nullité absolue : Les clauses qui portent atteinte aux droits collectifs des salariés, comme les clauses discriminatoires ou celles réduisant les protections collectives sur la durée du travail, sont frappées de nullité absolue
Quelles sont les règles et exceptions d’une clause d’exclusivité dans un contrat de travail ?
La clause d’exclusivité permet à un employeur de s’assurer de la disponibilité complète de ses salariés au sein de son entreprise et de prévenir toute concurrence potentielle. Bien que son objectif puisse sembler similaire à celui de la clause de non-concurrence, qui vise également à protéger les intérêts de l’entreprise, ces deux clauses se distinguent. En effet, la clause de non-concurrence interdit au salarié de travailler pour un concurrent ou d’exploiter son activité après la fin du contrat de travail, dans une zone géographique et sur une période définies, moyennant une contrepartie financière. En revanche, la clause d’exclusivité s’applique durant toute la durée du contrat sans obligation de compensation financière et repose sur l’obligation de loyauté, valable uniquement pendant l’exécution du contrat.
Cet article expose la définition de la clause d’exclusivité (I), ses conditions de validité (II), et les cas dans lesquels des dérogations sont possibles (III).
I. Qu’est-ce qu’une clause d’exclusivité ?
La clause d’exclusivité impose au salarié de ne mener aucune activité professionnelle rémunérée en dehors de l’entreprise qui l’emploie, que cette clause soit incluse dès la conclusion du contrat ou ajoutée ultérieurement. Dans ce dernier cas, cela constitue une modification du contrat, nécessitant un accord écrit du salarié par avenant. Si le salarié refuse et que l’employeur procède à un licenciement, ce dernier sera sans cause réelle et sérieuse, ouvrant droit à indemnités (art. L.1235-3 du Code du travail).
Quelles sont les conséquences pour un salarié en cas de non-respect ?
Le non-respect de cette clause peut constituer une faute grave justifiant un licenciement (Cass. Soc., 23 octobre 2013, n° 12-15.893).
II. Conditions de validité d’une clause d’exclusivité
Les salariés ont le droit à la liberté de travailler, et toute restriction doit être justifiée et proportionnée (art. L.1121-1 du Code du travail). Ainsi, pour qu’une clause d’exclusivité soit valable, elle doit répondre à des critères de fond (A) et de forme (B).
A. Conditions de fond pour la validité de la clause
La clause doit remplir trois conditions essentielles :
- Nécessité pour la protection des intérêts légitimes de l’entreprise : elle doit être indispensable pour éviter un impact économique significatif.
- Justification par la nature de la tâche accomplie : elle est surtout réservée à des postes stratégiques.
- Proportionnalité au but recherché : les juges, en cas de litige, vérifieront que la clause est proportionnée et qu’elle n’entrave pas de manière excessive la liberté du salarié.
Sans ces éléments, la clause est nulle (Cass. Soc., 11 juillet 2000, n° 98-43.240). Par exemple, un salarié en poste de cadre dirigeant a pu être relaxé d’une clause d’exclusivité concernant une activité de gérance de restaurant, celle-ci étant jugée non concurrentielle (Cass. Soc., 4 mai 2011, n° 09-71.566).
B. Conditions de forme pour la validité de la clause
La clause d’exclusivité doit être explicitement inscrite dans le contrat et rédigée de manière claire et précise, de façon à bien en délimiter les restrictions (Cass. Soc., 16 mai 2018, n° 16-25.272). Toute clause vague ou trop générale est nulle et pourrait justifier une demande d’indemnisation du salarié.
III. Cas de dérogation à la clause d’exclusivité
La clause d’exclusivité peut être appliquée dans tous les contrats de travail, qu’ils soient à durée déterminée ou indéterminée. Cependant, certaines situations permettent de l’écarter, notamment pour les salariés à temps partiel (A) ou en congé pour création d’entreprise (B). L’employeur peut également accorder une dérogation expresse (C).
A. Salariés à temps partiel
Les salariés à temps partiel ne peuvent se voir imposer une clause d’exclusivité, car cela limiterait leur possibilité de compléter leur emploi à temps plein. Une clause contraire est nulle mais ne convertit pas le contrat en temps plein. Cependant, elle permet au salarié de demander réparation pour le préjudice subi (Cass. Soc., 24 mars 2021, n° 19-16.418).
B. Salariés en congé pour création d’entreprise
Un salarié peut demander un congé pour création d’entreprise d’une durée d’un an, sous réserve d’une ancienneté suffisante (art. L.3142-105 du Code du travail). Pendant ce congé, la clause d’exclusivité ne s’applique pas, bien que le salarié reste soumis à l’obligation de loyauté vis-à-vis de l’entreprise, l’empêchant d’exercer une activité concurrente (art. L.1222-5 du Code du travail).
C. Dérogation expresse de l’employeur
L’employeur peut accorder au salarié une permission de mener une activité rémunérée en parallèle, malgré la clause d’exclusivité.
Quelles sont les conséquences pour un salarié en cas de non-respect de la clause d’exclusivité ?
Le non-respect de cette clause peut constituer une faute grave justifiant un licenciement (Cass. Soc., 23 octobre 2013, n° 12-15.893).
Quand peut-on introduire une clause de confidentialité dans un contrat ?
La clause de confidentialité engage le salarié à ne pas divulguer à des tiers les informations qu’il a obtenues dans le cadre de son poste. Elle se distingue de la clause de non-concurrence, qui, elle, limite les activités professionnelles du salarié après la fin de son contrat pour éviter la concurrence directe avec son ancien employeur. Contrairement à la clause de non-concurrence, la clause de confidentialité ne requiert pas de compensation financière, sauf si elle est utilisée de façon abusive. Les juges peuvent ainsi requalifier une clause de confidentialité trop contraignante en clause de non-concurrence déguisée, obligeant alors l’employeur à verser des dommages et intérêts au salarié (Cass. soc. 5 décembre 2007, n° 06-41.267 F-D).
La clause de confidentialité engage juridiquement le salarié, même après son départ de l’entreprise. Si un salarié ne respecte pas cette clause, il peut être tenu pour responsable de tout préjudice occasionné. Les sanctions pour manquement incluent le paiement de dommages et intérêts, et ce, même sans preuve de préjudice. Ainsi, toute violation de la clause entraîne des conséquences financières pour le salarié (Cour d’appel de Dijon, 15 octobre 2020, n° 18/00959).
Il est recommandé d’intégrer une clause de confidentialité dès l’embauche d’un salarié si l’entreprise utilise des procédés sensibles ou opère dans un secteur particulièrement compétitif. La clause doit préciser les types d’informations, procédés ou techniques concernés. Il est également possible d’ajouter une clause de confidentialité en cours de relation de travail, par le biais d’un avenant au contrat.
Par ailleurs, lors de la fin de contrat, notamment pour un licenciement économique, une clause de confidentialité peut être ajoutée aux documents de départ du salarié. Elle peut également être incluse dans une transaction formelle, et il est conseillé de consulter un avocat en droit social pour éviter tout écueil lors de cette intégration.
Conditions de validité d’une clause de confidentialité
Pour être opposable au salarié, la clause de confidentialité doit être clairement inscrite dans le contrat de travail, avec l’accord du salarié. L’engagement du salarié est formalisé par sa signature sur le contrat, ou l’acceptation d’un avenant. Cette clause représente en effet une restriction à la liberté d’expression du salarié et doit donc respecter l’article L.1121-1 du Code du travail, qui exige que toute restriction soit justifiée et proportionnée. Par conséquent, un cadre qui manipule des informations stratégiques sera soumis à des restrictions plus strictes qu’un employé de niveau opérationnel, en raison de la nature des informations qu’il traite.
Mesures en cas de violation de la clause de confidentialité
Quelles sont les principales conditions de validité et de mise en œuvre d’une clause de mobilité dans un contrat de travail ?
Une clause de mobilité permet à un employeur de déplacer un salarié dans une autre zone géographique selon les besoins de l’entreprise. En règle générale, le lieu de travail indiqué dans le contrat n’est qu’indicatif, sauf si une mention précise stipule que le salarié exercera exclusivement à cet endroit (Cass. soc., 2 avril 2014, n° 13-11.922). Sans cette précision, un employeur peut muter un salarié au sein du même secteur géographique sans son consentement, souvent interprété comme un déplacement dans le même département ou bassin d’emploi (ex. Paris, Lyon, Strasbourg) (Cass. soc., 4 mars 2020, 18-24.473).
La clause de mobilité, inscrite dans le contrat, permet d’étendre cette flexibilité en matière de mutation. Ainsi, si la mutation est faite dans les limites géographiques stipulées dans cette clause, elle est alors considérée comme un simple ajustement des conditions de travail du salarié, et ce dernier ne peut s’y opposer.
Conditions de validité d’une clause de mobilité
Pour qu’une clause de mobilité soit valide, elle doit être formulée de manière claire et précise, spécifiant la zone géographique de manière stricte. Une clause vague ou donnant à l’employeur un pouvoir illimité d’étendre le secteur géographique n’est pas recevable (Cass. soc., 2 octobre 2019, n° 18-20.353). Par exemple, la Cour de cassation a invalidé une clause qui obligeait un salarié à accepter une mutation dans « toute région où l’entreprise opère ou opérera », car elle manquait de précision (Cass. soc., 13 mai 2015, 14-12.698).
Lorsque la clause ne respecte pas ces exigences, elle est jugée invalide, et toute mutation effectuée en dehors de la zone géographique d’origine sera considérée comme une modification du contrat nécessitant l’accord du salarié. Un refus de mutation sur la base d’une clause invalide ne constitue pas un motif de licenciement pour cause réelle et sérieuse, et l’employeur pourrait être tenu de verser des indemnités.
Conditions de mise en œuvre de la clause de mobilité
Pour appliquer une clause de mobilité, l’employeur doit remplir trois critères principaux :
- Respecter l’intérêt de l’entreprise : La mutation doit être motivée par les intérêts légitimes de l’entreprise et ne doit pas servir de manière abusive pour nuire au salarié.
- Prévoir un délai de notification raisonnable : Le salarié doit être informé suffisamment en amont, ce qui peut être défini par la convention collective ou par un « délai raisonnable » en l’absence de dispositions spécifiques (Cass. soc., 4 mars 2020, n° 18-24.329). Ce délai dépendra de la distance entre les deux lieux de travail.
- Respecter le droit à la vie privée et familiale : Une mutation ne doit pas porter atteinte de façon excessive à la vie privée et familiale du salarié, surtout si des charges familiales ou des circonstances particulières justifient un aménagement (Cass. soc., 14 octobre 2008, n° 07-43.071).
En cas de refus de la mutation
Si la clause de mobilité est valide et que les conditions de mise en œuvre sont respectées, le salarié est tenu de se conformer à la mutation. Un refus pourrait être interprété comme une violation de ses obligations contractuelles, pouvant justifier des sanctions disciplinaires, voire un licenciement pour cause réelle et sérieuse. Dans certains cas de refus sans raison valable, un licenciement pour faute grave pourrait être envisagé (Cass. soc., 13 juin 2018, n° 17-17.644). Cependant, en cas de motif légitime pour le refus, comme des circonstances familiales particulières, le licenciement pour faute grave pourrait être requalifié, et l’employeur pourrait être condamné à des indemnisations
Peut-on licencier pour non-respect de la clause de confidentialité ?
La clause de confidentialité est un engagement formel du salarié envers son employeur. En cas de violation, l’employeur est en droit d’engager une procédure disciplinaire, pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute grave, en fonction des circonstances. Par exemple, la Cour de cassation a confirmé le licenciement pour faute grave d’une salariée ayant divulgué des informations confidentielles de l’entreprise sur son compte personnel de réseaux sociaux, information que les concurrents auraient pu exploiter (Cass. soc., 30 septembre 2020, n° 19-12.058).
La sanction doit toutefois être proportionnée au manquement constaté, et l’employeur ne peut pas imposer de sanction excessive

