Quels sont les principaux changements apportés par la circulaire Retailleau de janvier 2025 concernant l’admission exceptionnelle au séjour des étrangers en France ?

Le 23 janvier 2025, le Ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a adressé aux préfets une nouvelle circulaire concernant l’admission exceptionnelle au séjour, c’est-à-dire la régularisation des étrangers sans papiers en France. Cette circulaire remplace celle dite “Valls” de 2012 et durcit les conditions de régularisation des étrangers en situation irrégulière, tout en insistant sur le caractère exceptionnel de cette procédure.

Les travailleurs dans des secteurs en tension bénéficient désormais d’une priorité, tandis que pour les autres, la durée de présence en France requise pour être considéré comme intégré est portée à sept ans. Contrairement à la circulaire Valls, la nouvelle circulaire énonce des principes généraux qui se structurent autour de quatre axes :

  1. Les préfets doivent considérer la régularisation des sans papiers comme un acte exceptionnel.
  2. L’admission exceptionnelle au séjour doit être rigoureusement encadrée, selon les termes de la circulaire.
  3. Les préfets doivent tenir compte des évolutions législatives et privilégier la voie du droit commun, sauf en cas de circonstances exceptionnelles.
  4. Des dispositifs spécifiques sont évoqués, comme l’octroi d’un titre de séjour aux victimes de traite des êtres humains, de violences, ou encore la régularisation des travailleurs dans des métiers en tension.

Concernant les régularisations liées au travail, elles se concentrent désormais uniquement sur les emplois dans des secteurs en tension. Cette régularisation est soumise à des conditions précises, telles que trois ans de présence en France et au moins douze mois d’expérience dans le secteur concerné.

La circulaire insiste également sur des critères d’intégration renforcés, notamment la maîtrise du français et un engagement à respecter les principes de la République. La durée de présence en France est un facteur déterminant : une présence d’au moins sept ans est un indice clé de l’intégration.

Les étrangers menaçant l’ordre public ou sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) sont exclus du dispositif. Les préfets doivent aussi prendre en compte la situation de l’étranger avant de prendre toute décision de refus de titre de séjour, notamment la durée de l’OQTF et la possibilité d’une réévaluation de la situation.

Comment résoudre la difficulté d’obtenir un rendez-vous en préfecture pour déposer une demande de régularisation du séjour en France ?

Lorsqu’un ressortissant étranger souhaite demander un titre de séjour en vue d’une régularisation, il doit généralement se rendre à la préfecture ou à la sous-préfecture compétente selon son lieu de résidence. Cela implique de se déplacer en personne avec un dossier complet, sauf si un dépôt en ligne est possible pour la démarche en question.

Cependant, depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, et même avant cette période, il est désormais obligatoire de prendre un rendez-vous sur le site de la préfecture pour pouvoir déposer une demande de titre de séjour en préfecture ou sous-préfecture.

Pour les demandes de régularisation de séjour, telles que l’admission exceptionnelle au séjour, cette prise de rendez-vous est souvent difficile, voire impossible. En Île-de-France, des préfectures comme celles de Paris, Bobigny, Créteil, Evry, et certaines sous-préfectures comme Le Raincy, Nogent-sur-Marne et L’Haÿ-les-Roses, rencontrent des difficultés accrues.

Ainsi, même si un étranger a constitué un dossier conforme aux critères de la circulaire Valls de 2012, il peut se retrouver dans l’incapacité de le déposer en préfecture, faute de rendez-vous disponible via le site internet de la préfecture.

Que faire face à cette difficulté pour obtenir un rendez-vous ? Il est possible d’écrire au préfet pour signaler cette impossibilité et demander une convocation pour le dépôt de la demande. Cependant, cette démarche est souvent infructueuse, la préfecture se contentant de répondre que des rendez-vous sont régulièrement ajoutés et qu’il faut insister sur le site.

Dans ce cas, la solution peut être de saisir le tribunal administratif en référé (procédure urgente) pour demander une ordonnance obligeant la préfecture à délivrer une convocation pour le dépôt du dossier. Le demandeur devra justifier de son impossibilité à obtenir un rendez-vous via le site internet.

Notre cabinet d’avocats intervient fréquemment dans ce type de procédure pour obtenir une décision du tribunal administratif obligeant la préfecture à délivrer une convocation. Nous accompagnons également nos clients tout au long de la procédure, de la constitution du dossier au dépôt en préfecture, en assurant un suivi pendant l’instruction du dossier par l’administration.

Comment contester un refus de visa et quel est le processus pour saisir la Commission de recours contre les décisions de refus de visa en France ?

Si vous avez reçu un refus de visa, qu’il s’agisse d’un visa de court ou de long séjour, de la part d’un Consulat français et que vous souhaitez contester cette décision, notre cabinet d’avocats,en droit des étrangers, peut vous accompagner en mettant à votre disposition son expertise et son expérience.

Le recours contre un refus de visa doit d’abord être introduit auprès de la Commission de recours contre les décisions de refus de visa d’entrée en France, qui siège à Nantes.

Saisine préalable de la Commission de recours contre les décisions de refus de visa :
Avant de pouvoir contester un refus de visa devant le Tribunal administratif, il est obligatoire de saisir la Commission de recours. Les recours devant la Commission doivent être motivés, rédigés en français et déposés dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision de refus de visa. Ce recours permet de conserver le droit de saisir ultérieurement le Tribunal administratif.

Recours hiérarchique ou gracieux et saisie parallèle de la Commission :
En plus de la saisine de la Commission, il est possible de former un recours hiérarchique auprès du ministère des Affaires étrangères ou un recours gracieux auprès du Consulat pour tenter d’obtenir la délivrance du visa. Cependant, ni l’un ni l’autre de ces recours ne dispense l’étranger de saisir la Commission dans le délai imparti.

Recevabilité du recours contre le refus de visa :
Les recours devant la Commission doivent être formulés dans les deux mois suivant la notification du refus et doivent être motivés. Une fois ce recours engagé, il est le seul moyen de préserver le droit de saisir le Tribunal administratif. La Commission doit examiner la situation du demandeur à la date où elle statue, et non à la date de la demande de visa.

Recours contentieux devant le Tribunal administratif :
Si la Commission rejette la demande, il est possible de saisir le Tribunal administratif de Nantes, compétent en la matière. En plus du recours classique, il est aussi possible d’engager un recours en référé (en urgence), notamment en référé-liberté ou en référé-suspension.

Saisine en référé :
L’étranger souhaitant suspendre la décision de refus de visa doit démontrer une situation d’urgence et un doute sérieux sur la légalité du refus. Le référé-liberté permet d’obtenir une décision rapide si un droit fondamental est gravement et manifestement porté atteinte par la décision administrative.

Délai de recours :
Les délais de recours doivent être mentionnés dans la notification de la décision de refus de visa, conformément aux réglementations. Le Tribunal administratif de Nantes est compétent pour examiner ces recours, et en cas d’appel, la Cour administrative d’appel de Nantes prend le relais. Le Conseil d’État est compétent pour les recours en cassation.

Comment un étranger peut-il obtenir un titre de séjour commerçant en France et quelles démarches doivent être suivies pour un changement de statut à commerçant ?

Que vous soyez déjà présent en France avec un titre de séjour qui ne vous permet pas d’exercer une activité commerciale, ou que vous souhaitiez vous installer en France pour y démarrer une activité commerciale, artisanale ou libérale, notre cabinet est à votre disposition pour vous guider dans les démarches et vous aider à obtenir le titre de séjour approprié, communément appelé titre de séjour commerçant.

En réalité, ce titre de séjour est désormais désigné juridiquement sous le nom de “titre de séjour entrepreneur / profession libérale”. Depuis la loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France, l’article L 313-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile stipule qu’une carte de séjour temporaire, d’une durée maximale d’un an, peut être délivrée à un étranger souhaitant exercer une activité non salariée et économiquement viable, à condition qu’il en tire des moyens d’existence suffisants.

On distingue plusieurs catégories d’étrangers souhaitant obtenir ce titre de séjour commerçant :

·       L’étranger commerçant résidant hors de France : Cet étranger souhaite exercer une activité commerciale, artisanale, industrielle ou libérale en France et doit obtenir un visa auprès du consulat français de son pays de résidence. Si cet étranger souhaite créer une activité, la viabilité économique du projet doit être examinée par les autorités françaises compétentes.

·       Changement de statut à commerçant : Il s’agit d’un étranger déjà résident en France sous un autre titre de séjour (étudiant, salarié, etc.) et souhaitant changer son statut pour obtenir un titre de séjour commerçant afin d’exercer une activité commerciale, artisanale, industrielle ou libérale.

·       Changement de statut étudiant à commerçant : Les étudiants titulaires d’un diplôme de master (ou équivalent) peuvent demander un changement de statut pour créer leur propre activité commerciale ou libérale en France.

Les ressortissants algériens bénéficient d’un régime particulier. Ils ne sont pas soumis à l’examen de la viabilité économique de leur projet, mais doivent cependant prouver qu’ils remplissent les conditions générales relatives à la délivrance d’un visa de long séjour, y compris la justification de ressources suffisantes.

Pour ceux souhaitant changer de statut en France (par exemple, passer de salarié à commerçant ou de vie privée et familiale à commerçant), ils doivent soumettre leur demande auprès de la préfecture de leur lieu de résidence. La demande doit être déposée dans les deux mois précédant l’expiration de leur titre de séjour actuel, sinon elle sera traitée comme une demande initiale, nécessitant notamment la possession d’un visa de long séjour. En outre, les autorités préfectorales examineront la viabilité économique du projet.

Quels sont les recours disponibles pour contester un refus de titre de séjour et quelles sont les démarches à suivre ?

Si vous avez fait une demande de premier titre de séjour, de renouvellement de titre de séjour ou de changement de statut, et que cette demande a été rejetée, il est important de savoir qu’il existe des recours pour contester cette décision.

Dans ce texte, nous nous concentrerons uniquement sur les refus de titre de séjour sans Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). Si le refus de titre de séjour est accompagné d’une OQTF, il convient de se référer à notre article spécifique sur le recours OQTF.

Les recours possibles contre un refus de titre de séjour


Lorsqu’un premier titre de séjour, un renouvellement de titre de séjour ou un changement de statut est refusé, plusieurs types de recours sont possibles :

  • Recours gracieux devant le préfet,
  • Recours hiérarchique devant le Ministre de l’Intérieur,
  • Recours contentieux devant le Tribunal administratif compétent.

En particulier, si votre demande concerne un changement de statut d’étudiant à salarié, vous pouvez vous référer à notre article dédié sur ce sujet.

Le recours gracieux ou hiérarchique


Un recours gracieux ou hiérarchique contre un refus de titre de séjour peut être introduit sans condition de délai. Toutefois, il est recommandé de le faire dans un délai de deux mois suivant la notification du refus. Cela est particulièrement important car, en cas de rejet du recours gracieux ou hiérarchique, le recours contentieux devant le tribunal administratif ne sera recevable que si le recours administratif a été formé dans ce délai de deux mois.

Dans le cadre de ce recours, l’étranger peut invoquer des arguments juridiques portant sur la légalité de la décision, mais aussi des arguments d’opportunité, notamment liés à des considérations humanitaires, familiales ou personnelles.

Si la préfecture accepte de revenir sur sa décision, un récépissé sera délivré à l’étranger en attendant la remise du titre de séjour demandé. Si la réponse est négative, il est possible de contester la décision par un recours pour excès de pouvoir. Si la préfecture ne répond pas, la décision est réputée négative au bout de deux mois, et peut également faire l’objet d’un recours contentieux.

Le recours contentieux devant le Tribunal administrative


Le recours contentieux doit être introduit dans un délai de deux mois. Il peut être accompagné d’une demande de suspension de la décision attaquée (référé suspension). En cas d’appel, la compétence revient à la cour administrative d’appel. Si nécessaire, une saisine du Conseil d’État peut être effectuée par la voie d’un pourvoi en cassation. Il est à noter que le ministère d’avocat est obligatoire devant les cours administratives d’appel.

Le juge administratif vérifiera la légalité de la décision préfectorale, mais ne pourra pas juger de son opportunité.

Comment un étranger sans papiers peut-il obtenir une régularisation par le travail en France et quelles sont les conditions à remplir ?

Notre cabinet d’avocats accompagne les étrangers dans leurs démarches de régularisation de leur situation administrative en France, notamment sur la base d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche. Nous vous assistons dans la préparation de votre dossier, ainsi que dans vos démarches en préfecture.

Une constitution solide du dossier est cruciale pour espérer obtenir une régularisation par le travail. En effet, la régularisation des étrangers non-communautaires en situation irrégulière est possible grâce à l’article L313-14 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA).

En pratique, un étranger non ressortissant de l’Union européenne souhaitant demander une régularisation par le travail doit se rendre à la préfecture ou à la sous-préfecture compétente, selon son lieu de résidence, et présenter un contrat de travail ou une promesse d’embauche. Cependant, la simple présentation d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche ne garantit pas l’obtention du titre de séjour.

L’article L 313-14 du CESEDA précise que l’admission au séjour doit être justifiée par des considérations humanitaires ou des motifs exceptionnels. Ces critères, qui restent assez vagues, ont conduit à une diversité de pratiques parmi les préfectures et sous-préfectures.

La circulaire du ministre de l’Intérieur, dite circulaire Valls du 28 novembre 2012, fournit des indications plus précises aux préfets pour l’instruction des demandes de régularisation, notamment en ce qui concerne la durée de présence en France des étrangers sans papiers. C’est aujourd’hui cette circulaire qui régit la majorité des demandes de régularisation par le travail.

Si vous ne pouvez pas envisager une régularisation par le travail, mais pensez pouvoir obtenir votre régularisation par un autre moyen, la circulaire Valls offre également des possibilités de régularisation sur d’autres bases. 

Avant la circulaire Valls, la circulaire ministérielle du 24 novembre 2009, aujourd’hui abrogée, énonçait des critères permettant la régularisation des étrangers sans papiers, tels que :

  • Une présence significative en France,
  • Un emploi déclaré antérieur,
  • Une volonté d’intégration sociale,
  • La maîtrise de la langue française,
  • Des qualifications professionnelles dans des secteurs en difficulté de recrutement.

En outre, le contrat de travail ou la promesse d’embauche de l’étranger doit de préférence concerner un métier figurant sur la liste des métiers en tension, établie par un arrêté ministériel du 18 janvier 2008 (modifié), ou, pour certains ressortissants, sur des listes spécifiques prévues par des accords bilatéraux.

Le Conseil d’État ayant annulé l’arrêté du 11 août 2011, la liste des métiers en tension applicable aux étrangers non européens a été rétablie à celle de 2008. Cette liste est régionalisée, donc chaque région possède sa propre version. Pour l’Ile-de-France, par exemple, des métiers tels que technicien de la vente à distance, informaticien d’étude, ou mécanicien d’engins de chantier figurent parmi les métiers en tension.

Il existe aussi des listes spécifiques de métiers pour les ressortissants de certains pays comme le Bénin, le Burkina Faso, la Tunisie, ou le Sénégal.En conclusion, toute demande de régularisation par le travail ou à un autre titre doit désormais se fonder sur la circulaire Valls du 28 novembre 2012, et non plus sur la circulaire de 2009.

Quelles sont les conditions pour qu’un étranger sans papiers puisse obtenir une régularisation par le travail en France selon la circulaire Valls ?

Notre cabinet d’avocats aide les étrangers sans papiers dans leurs démarches de régularisation de leur situation administrative en France, notamment sur la base d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche. Nous assistons nos clients dans la préparation de leur dossier et dans leurs déplacements en préfecture pour maximiser leurs chances de succès.

Il est important de noter que la circulaire Valls concernant la régularisation des étrangers sans papiers n’a pas force de loi. Il s’agit de directives données aux préfectures pour guider l’appréciation des demandes de régularisation. Même si les critères de la circulaire sont remplis, l’obtention d’un titre de séjour n’est pas automatique et n’est pas un droit acquis.

Notre cabinet est en mesure de vous aider à préparer le dossier de demande de régularisation et à optimiser vos chances de succès.

La circulaire Valls du 28 novembre 2012 régit la régularisation des étrangers sans papiers, soit par le travail, soit à d’autres titres. Elle fournit des lignes directrices aux préfets concernant le traitement des demandes de régularisation des étrangers en situation irrégulière. Plusieurs situations sont envisagées par la circulaire :

  • Régularisation par le travail,
  • Étrangers parents d’enfants scolarisés,
  • Conjoints d’étrangers en situation régulière,
  • Étrangers arrivés en France mineurs et devenus majeurs,
  • Étrangers résidant depuis au moins 10 ans en France,
  • Autres étrangers en situation irrégulière ne correspondant pas aux catégories précédentes.

La régularisation par le travail selon la circulaire Valls

Les demandes de régularisation par le travail représentent la majorité des demandes déposées en préfecture. La circulaire prévoit plusieurs cas, en fonction de la durée de présence de l’étranger en France :

  1. Régularisation après 3 ans de présence en France
    L’étranger doit justifier d’une activité professionnelle en France d’au moins 24 mois, dont 8 mois consécutifs ou non dans les 12 derniers mois avant la demande.
  2. Régularisation après 5 ans de présence en France
    L’étranger doit justifier d’une activité professionnelle d’au moins 8 mois au cours des 24 derniers mois, ou bien de 30 mois (consécutifs ou non) sur les 5 dernières années.
  3. Régularisation après 7 ans de présence en France
    Si l’étranger a séjourné en France pendant au moins 7 ans, une durée d’activité professionnelle plus courte est requise : seulement 12 mois consécutifs ou non dans les 3 dernières années. Cette situation s’applique même si l’étranger ne présente pas de contrat de travail ou de promesse d’embauche lors de la demande.
  4. Étrangers sans papiers employés à domicile
    Les étrangers travaillant à domicile, qui peuvent justifier d’un séjour d’au moins 5 ans en France et d’une ancienneté dans leur travail d’au moins 2 ans, peuvent demander leur régularisation, même si leur salaire est inférieur au SMIC.
  5. Étrangers sans papiers exerçant en tant qu’intérimaires
  6. Les étrangers devront justifier d’une présence en France d’au moins 5 ans et attester d’une activité salariée pendant les 2 dernières années. Cette activité doit totaliser au moins 12 SMIC mensuels, dont au moins 910 heures de travail, dont 310 heures dans l’entreprise de travail temporaire (ETT) concernée. Un contrat de travail d’une durée minimale de 12 mois sera exigé.
  7. Étrangers sans papiers participant à une activité d’économie solidaire
    Les étrangers participant à des projets d’économie solidaire portés par des organismes agréés par l’État, peuvent demander la régularisation si leur travail est conforme aux exigences de l’article L. 265-1 du code de l’action sociale et des familles. Ils peuvent également se voir délivrer une carte de séjour temporaire s’ils justifient d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche.

Conclusion

La régularisation par le travail selon la circulaire Valls comporte des critères précis qui dépendent de la durée de séjour en France et du type d’activité exercée. Les demandes les plus courantes concernent les étrangers qui ont déjà travaillé en France et souhaitent régulariser leur situation.

Quelles sont les différentes possibilités de régularisation des étrangers sans papiers selon la circulaire Valls, en dehors de la régularisation par le travail ?

Notre cabinet d’avocats, en droit des étrangers, accompagne les étrangers sans papiers dans leurs démarches de régularisation pour l’obtention d’un titre de séjour.

Nous allons ici aborder la circulaire Valls du 28 novembre 2012 et les demandes de régularisation des étrangers sans papiers, autres que par le travail.

La circulaire Valls, prise par Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur, le 28 novembre 2012, a pour but de préciser les conditions d’examen des demandes d’admission au séjour des ressortissants étrangers en situation irrégulière, c’est-à-dire des sans papiers. Elle s’applique aux demandes dites d’admission exceptionnelle au séjour.

Il est essentiel de noter qu’une circulaire n’a pas de valeur contraignante pour l’administration. Cela signifie que même si un étranger remplit toutes les conditions d’une catégorie de titre de séjour, la préfecture peut toujours refuser la demande, avec ou sans Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF).

La circulaire Valls et les régularisations autres que par le travail

La circulaire Valls prévoit plusieurs cas de régularisation autres que par le travail :

  1. Les étrangers sans papiers parents d’enfants scolarisés
    Les étrangers en situation irrégulière qui sont parents d’enfants scolarisés peuvent demander leur régularisation sous certaines conditions :
    • Une présence en France depuis au moins 5 ans,
    • L’enfant doit être scolarisé depuis au moins 3 ans, y compris en maternelle.

Si le parent est séparé de l’autre parent de l’enfant, il doit prouver qu’il contribue effectivement à l’entretien et à l’éducation de l’enfant.

  1. Les étrangers sans papiers dont le conjoint est en situation régulière
    Contrairement à la procédure classique de regroupement familial, la circulaire Valls permet à l’étranger sans papiers dont le conjoint est titulaire d’une carte de séjour de solliciter sa régularisation. Pour cela, il doit justifier d’une présence en France de 5 ans et d’une durée de vie commune d’au moins 18 mois.
  2. Les étrangers sans papiers entrés mineurs en France et devenus majeurs
    La circulaire Valls concerne aussi les étrangers qui sont arrivés en France avant l’âge de 16 ans et dont l’essentiel de la famille se trouve en France. Ces étrangers doivent prouver qu’ils ont suivi un parcours scolaire « assidu et sérieux ». Les préfets doivent également prendre en compte l’intensité et la stabilité des liens de l’étranger avec la France, notamment ses liens familiaux et privés.

Si les conditions sont réunies, le jeune majeur pourra obtenir une carte de séjour temporaire “vie privée et familiale”. Si l’étranger poursuit des études supérieures, une carte de séjour étudiant pourra être délivrée, mais uniquement si ses liens familiaux et privés sont principalement en France.

  1. Autres cas : talent exceptionnel, services rendus à la collectivité, ou circonstances humanitaires particulières
    La circulaire permet également la délivrance d’une carte de séjour temporaire mention « vie privée et familiale » pour les étrangers qui peuvent justifier :
    • D’un talent exceptionnel ou de services rendus à la collectivité, par exemple dans des domaines culturels, sportifs, associatifs, civiques ou économiques,
    • De circonstances humanitaires particulières justifiant la délivrance d’un titre de séjour.

Victimes de violences conjugales ou de traite des êtres humains
Enfin, la circulaire Valls rappelle que les victimes de violences conjugales ou de la traite des êtres humains peuvent se voir délivrer une carte de séjour « vie privée et familiale » en raison de leur situation exceptionnelle.

Quelles sont les conditions pour qu’un étranger en situation irrégulière puisse obtenir une régularisation par le travail en France ?

Par le biais d’un contrat de travail ou d’une promesse d’embauche, les étrangers dans leurs démarches pour obtenir la régularisation de leur statut en France. La constitution d’un dossier solide est essentielle pour optimiser les chances de succès.

En France, la régularisation des étrangers non-européens en situation irrégulière est encadrée par l’article L313-14 du CESEDA (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile). Ce texte permet la régularisation sous certaines conditions, à savoir des motifs humanitaires ou des circonstances exceptionnelles. Ainsi, la simple présentation d’un contrat de travail ne garantit pas à elle seule l’obtention d’un titre de séjour.

Procédure de régularisation

Pour être régularisé via le travail, l’étranger doit déposer une demande auprès de la préfecture ou de la sous-préfecturecompétente, en fonction de son lieu de résidence, et fournir un contrat de travail ou une promesse d’embauche. Toutefois, les critères appliqués peuvent différer entre les préfectures, en raison de l’interprétation parfois large des dispositions du CESEDA.

La circulaire Valls de 2012

La circulaire Valls du 28 novembre 2012 est la principale directive utilisée pour traiter les demandes de régularisation. Elle précise les critères à examiner, comme la durée de résidence en France et le niveau d’intégration sociale et professionnelle de l’étranger. Avant cette circulaire, la circulaire ministérielle de 2009, désormais abrogée, encadrait ces demandes de régularisation.

Principaux critères de régularisation

Les critères pris en compte pour apprécier les demandes incluent :

  • La durée de séjour en France ;
  • Un emploi déclaré antérieurement ;
  • La volonté d’intégration à travers une activité professionnelle ;
  • La maîtrise du français et les compétences professionnelles du demandeur.

De plus, les emplois exercés doivent de préférence correspondre à des métiers en tension, où le recrutement est difficile. Par arrêté du 11 août 2011, la liste de ces métiers a été réduite à 14 secteurs, incluant notamment l’audit, le dessin BTP, et la production chimique.

ConclusionLes étrangers en situation irrégulière cherchant une régularisation par le travail doivent se référer à la circulaire Valls de 2012, qui reste la norme actuelle pour ce type de demande.

Comment un étranger placé en rétention administrative peut-il organiser sa défense et contester la mesure d’éloignement ?

La rétention administrative est une mesure visant à exécuter certaines décisions d’éloignement prises à l’encontre d’un étranger, telles que l’obligation de quitter le territoire français (OQTF), une interdiction de retour, ou un arrêté d’expulsion. Cette mesure concerne également les étrangers ayant déjà fait l’objet d’une précédente rétention et qui n’ont pas respecté la décision d’éloignement ou sont revenus sur le territoire français malgré une interdiction en vigueur.

Durée et prolongation de la rétention

La rétention administrative initiale dure cinq jours. Si le préfet souhaite prolonger cette période, il doit saisir le juge des libertés et de la détention (JLD), qui peut décider d’une prolongation de 20 jours, renouvelable une fois. Lors de cette audience, l’étranger a le droit d’être assisté par un avocat.

Contestation de la rétention

L’étranger peut également contester son placement en rétention devant le juge administratif. Pour rendre ce recours efficace, il est recommandé de contester simultanément la mesure d’éloignement à l’origine de la rétention, comme l’OQTF ou l’arrêté de reconduite à la frontière. De plus, s’il estime que de nouvelles circonstances sont survenues, l’étranger peut déposer une requête auprès du JLD pour demander sa remise en liberté.

Droits de l’étranger en rétention

Durant la rétention, l’étranger dispose de plusieurs droits fondamentaux, dont l’accès à un interprète, un médecin, un avocat, et la possibilité de communiquer avec son consulat ou toute personne de son choix. Il bénéficie aussi d’une aide pour la préparation de son départ et pour l’exercice de ses droits.

Organisation de la défense

La défense de l’étranger en rétention doit être organisée rapidement, car les délais pour contester la mesure devant le juge administratif sont courts (48 heures). Il est crucial de rassembler rapidement les documents nécessaires pour justifier de sa situation en France et ainsi obtenir l’annulation de la mesure d’éloignement ou de rétention, ou obtenir une assignation à domicile.

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