Après le décès, les biens qui restent en indivision sont gérés par les héritiers selon des règles légales spécifiques.
Gestion des actes successoraux
Le traitement des actes liés à la succession varie en fonction de leur nature, qu’il s’agisse d’actes de conservation, d’administration ou de disposition.
Devoirs des indivisaires
Les héritiers en indivision bénéficient des profits générés par les biens communs, mais ils sont également responsables des dettes de l’indivision, à hauteur de leur part respective dans la succession.en savoir plus?
Les indivisaires peuvent effectuer certains actes sur les biens de la succession, mais sont également tenus à des obligations et ne peuvent sortir de l’indivision comme ils le souhaitent.
L’assistance juridique dans l’indivision successorale
Lorsqu’une succession implique plusieurs héritiers, ceux-ci se trouvent souvent en indivision, une situation juridique où ils partagent la propriété des biens laissés par le défunt. Cette configuration nécessite une gestion prudente des biens indivis, avec des obligations spécifiques pour chaque héritier, ainsi que des règles légales strictes.
Gestion des biens en indivision
Les héritiers, appelés indivisaires, ont des droits et des devoirs dans la gestion des biens de la succession. Pour les actes de conservation, qui visent à préserver les biens, chaque indivisaire peut agir seul et utiliser les fonds de l’indivision pour ces actions. Cependant, pour les actes d’administration, comme la gestion des biens ou la conclusion de certains baux, la loi exige l’accord des indivisaires représentant au moins deux tiers des parts, conformément à l’article 815-3 du Code civil. Les autres indivisaires doivent être informés de ces actes, sous peine d’inopposabilité.
Quant aux actes de disposition, qui incluent des décisions majeures telles que la vente d’un bien indivis ou la conclusion de baux commerciaux ou ruraux, l’unanimité des indivisaires est requise. Dans ces situations, l’intervention d’un avocat peut s’avérer essentielle pour garantir la régularité des actes et assurer le respect des obligations légales, évitant ainsi les blocages.
Obligations des indivisaires
Les indivisaires bénéficient des revenus générés par les biens en indivision, mais ils sont également responsables des dettes associées, proportionnellement à leur part dans la succession, comme prévu par l’article 815-9 du Code civil. De plus, si un indivisaire cause des dommages aux biens, il en est tenu responsable. Lorsqu’un héritier occupe seul un bien indivis, il peut être tenu de verser une indemnité aux autres, sauf si une convention contraire a été établie.

Comment s’organise la gestion d’un bien en indivision ?
Il n’est pas toujours facile de parvenir à un accord concernant la gestion des biens en indivision. Pour anticiper et prévenir d’éventuels conflits, les coindivisaires peuvent choisir de formaliser une convention d’indivision. Cette convention permet de définir clairement les droits et obligations de chacun au sein de l’indivision.
La convention d’indivision vise à simplifier la gestion des biens partagés, à répartir équitablement les charges entre les indivisaires et à prévenir les conflits.
Le Code civil, dans ses articles 1873-1 à 1873-18, permet aux coindivisaires d’organiser l’indivision en établissant une convention spécifique.
Lorsque les membres de l’indivision souhaitent rester dans ce cadre, ils peuvent rédiger une convention écrite, qui fonctionne comme un contrat entre eux.
Cette convention précise les biens concernés, les parts de chacun, ainsi que les charges associées.
Elle peut être établie pour une durée déterminée ou indéterminée. Si la convention est conclue pour une durée déterminée, celle-ci ne peut excéder cinq ans. Durant cette période, aucun partage de l’indivision n’est possible, sauf pour des motifs valables.
En revanche, si la convention est à durée indéterminée, le partage peut être demandé à tout moment.
Comment vendre un bien immobilier en succession, surtout en cas de désaccord entre les héritiers ?
Lorsqu’un bien immobilier, tel qu’une maison, fait partie d’une succession, il devient un élément à partager entre les héritiers. Dans ce cas, tous les héritiers deviennent copropriétaires du bien et doivent suivre les règles de l’indivision successorale.
Étant donné la valeur souvent élevée d’un bien immobilier, il est fréquent qu’une vente soit nécessaire pour ensuite répartir le produit de la vente entre les héritiers, assurant ainsi une distribution équitable de la succession. Cela amène à se poser la
peut-on vendre un bien immobilier avant que la succession ne soit totalement réglée ?
Il est important de distinguer deux scénarios :
1. Tous les héritiers sont d’accord pour vendre :
- Si tous les héritiers sont unanimes pour procéder à la vente et qu’un notaire a établi un acte de notoriété listant précisément tous les héritiers, la vente peut être effectuée avant la clôture de la succession.
- Il est crucial que tous les documents nécessaires à la vente, tels que le mandat de vente avec une agence immobilière, le compromis de vente, et l’acte authentique de vente, soient signés par tous les copropriétaires. Sinon, la vente pourrait être contestée.
- Une fois la vente réalisée, le notaire répartira le produit entre les héritiers et pourra également utiliser une partie de ces fonds pour régler les droits de succession.
2. Un ou plusieurs héritiers s’opposent à la vente :
- En principe, la vente d’un bien indivis requiert l’accord de tous les héritiers. Si un seul héritier refuse, cela bloque la vente.
- Néanmoins, il est possible de surmonter ce blocage en sollicitant une autorisation judiciaire pour vendre le bien.
- Si les héritiers favorables à la vente détiennent au moins les deux tiers des droits sur le bien, le notaire peut recueillir leur intention de vendre et en informer les autres héritiers. Si, après un mois, aucune opposition n’est formulée, la vente peut être réalisée. En cas d’opposition ou de non-réponse dans un délai de trois mois, le notaire dresse un procès-verbal, permettant ainsi aux héritiers souhaitant vendre de saisir le Tribunal pour obtenir l’autorisation.
- Si la majorité des deux tiers n’est pas atteinte, les héritiers souhaitant vendre peuvent tout de même demander une autorisation judiciaire, en démontrant que le refus de vendre met en danger l’intérêt commun ou que la vente est nécessaire en raison d’une urgence.
Sortir de l’indivision
L’indivision prend fin lors du partage des biens de la succession, qui peut être initié par tout héritier. Ce partage peut se faire de manière amiable, avec l’accord de tous les héritiers, ou par voie judiciaire en cas de désaccord, conformément à l’article 815 du Code civil. En cas de partage judiciaire, le tribunal compétent est celui du lieu où la succession a été ouverte, généralement le dernier domicile du défunt.
Les défis de l’indivision successorale
Quelles sont les démarches pour mettre fin à l’indivision ?
L’article 815 du Code Civil stipule que “nul ne peut être contraint de rester dans l’indivision, et que le partage peut être demandé à tout moment, sauf si un jugement ou une convention en décide autrement.” L’article 815-1, quant à lui, précise que, sauf en cas de démembrement de la propriété ou dans des circonstances spécifiques prévues par l’article 836, un bien indivis peut être vendu avec l’autorisation du Tribunal judiciaire, à la demande d’indivisaires possédant au moins deux tiers des droits indivis, selon les modalités définies.
Ces deux procédures permettent de mettre fin à l’indivision, mais elles diffèrent considérablement. Le choix de la procédure dépend des objectifs spécifiques de l’indivisaire concerné.
Voici les options possibles.
Option 1 : Vendre un bien indivis selon l’article 815-5-1 du Code Civil
Si un indivisaire souhaite uniquement procéder à la vente d’un bien indivis, l’article 815-5-1 du Code Civil offre la possibilité aux coindivisaires détenant au moins deux tiers des droits indivis de demander une autorisation judiciaire pour vendre le bien, même si certains indivisaires s’y opposent.
Cette procédure ne s’applique pas lorsque le bien est en démembrement de propriété, c’est-à-dire lorsque les droits de propriété sont répartis entre un usufruitier et un nu-propriétaire, ou si l’un des indivisaires est présumé absent, dans l’incapacité d’exprimer sa volonté, ou placé sous un régime de protection.
Le rôle du notaire et du Tribunal judiciaire :
La procédure débute par l’intervention du notaire. Les indivisaires majoritaires, représentant au moins deux tiers des droits, manifestent leur intention de vendre le bien devant un notaire. Ce dernier notifie ensuite cette intention aux autres indivisaires dans un délai d’un mois. Ces derniers ont trois mois pour se prononcer.
Si, à l’issue de ces trois mois, certains indivisaires s’opposent à la vente ou restent silencieux, le notaire dresse un procès-verbal. Les indivisaires favorables à la vente peuvent alors saisir le Tribunal judiciaire pour obtenir une décision de vente aux enchères. Le Tribunal évaluera si cette vente porte atteinte de manière disproportionnée aux droits des autres indivisaires. La charge de la preuve de cette atteinte incombe aux indivisaires opposants.
Option 2 : Partage judiciaire selon l’article 815 du Code Civil
Si l’indivisaire souhaite non seulement vendre le bien, mais aussi obtenir une répartition claire des droits de chacun, la procédure de partage judiciaire, prévue par l’article 815 du Code Civil, est plus appropriée.
Intervention du Tribunal judiciaire :
Cette procédure comprend plusieurs étapes :
- D’abord, un ou plusieurs indivisaires engagent une procédure devant le Tribunal, qui ordonne l’ouverture des opérations de comptes, liquidation et partage.
- Ensuite, les parties travaillent avec le notaire désigné pour conduire ces opérations. Un acte de partage est établi si un accord est trouvé, sinon un procès-verbal de difficultés est rédigé.
- Enfin, le partage peut être réalisé à l’amiable ou, en cas d’échec, selon les conditions fixées par le Tribunal.
Il est possible, dans cette procédure, de demander la vente aux enchères d’un bien indivis si aucun accord unanime n’a pu être trouvé pour une vente amiable. Cette vente est souvent nécessaire pour finaliser le partage de l’indivision, et le produit de la vente est réparti entre les indivisaires en fonction de leurs droits.
Selon les circonstances, la procédure prévue par l’article 815-6 du Code Civil peut également être envisagée, notamment si l’indivisaire peut justifier d’une urgence à vendre le bien indivis.
La gestion commune des biens en indivision peut rapidement devenir source de complications et de tensions. Les coindivisaires peuvent avoir des opinions divergentes sur l’utilisation, l’entretien ou la vente des biens.
Par exemple, un indivisaire peut souhaiter vendre un bien pour obtenir sa part, tandis qu’un autre peut vouloir le conserver pour des raisons sentimentales ou financières. L’article 815 du Code civil permet à tout indivisaire de demander la fin de l’indivision à tout moment, bien que cela puisse introduire une incertitude supplémentaire dans la gestion collective.

Le rôle de l’avocat dans les situations d’indivision
Il peut aider les indivisaires à comprendre leurs droits et obligations, expliquer les implications de leurs actions, et proposer des solutions pour éviter les conflits. Par exemple, l’article 815-1 du Code civil stipule qu’aucun acte autre que ceux de conservation ou d’administration courante ne peut être accompli sans le consentement de tous les indivisaires.
Cependant, des exceptions existent pour permettre une gestion plus flexible en cas d’urgence, comme le prévoit l’article 815-3 du Code civil, qui autorise un indivisaire à effectuer seul un acte nécessaire si l’urgence ne permet pas d’attendre l’accord des autres.
Résolution des conflits en indivision
Les conflits peuvent survenir pour diverses raisons, comme des divergences sur la gestion des biens ou des désaccords sur la répartition des profits. Dans ces situations, un avocat peut jouer un rôle de médiateur, aidant les coindivisaires à trouver un accord amiable. Si un accord n’est pas possible, l’avocat peut accompagner son client dans les démarches judiciaires pour provoquer le partage de l’indivision, mettant ainsi fin aux droits de chacun sur l’ensemble du bien pour leur attribuer des droits sur une part divisée du bien.
L’indivision successorale est une situation juridique courante mais complexe, qui nécessite souvent l’assistance d’un avocat pour assurer une gestion efficace et protéger les droits de chacun. Que ce soit pour faciliter la gestion quotidienne des biens, résoudre des conflits ou organiser le partage, l’avocat joue un rôle essentiel pour garantir que toutes les actions respectent la législation et les intérêts des coindivisaires.

